Maison de l'Algérie Pont-d'intelligence

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mercredi 6 décembre 2017

SPÉCIAL ALGÉRIE - FRANCE : APRÈS PLUS DE 50 ANS DE BROUILLES ET DE FAUSSES RÉCONCILIATIONS Comment rattraper les occasions perdues

Emmanuel Macron lors de sa visite à Alger en campagne à la présidentielle française
Emmanuel Macron lors de sa visite à Alger en campagne à la présidentielle française
Cinquante années d'une relation en mouvement pendulaire oscillant entre l'étreinte et la bouderie. Mais il faut bien que le pendule s'arrête un jour pour entamer enfin une trajectoire rectiligne.
Pendant un demi-siècle de passions et de relations tumultueuses marquées par le saut de l'incompréhension, l'Algérie et la France restent toujours dans une posture de méfiance où les scories du passé brouillent la vision et faussent les perspectives. La formule du président Boumediene cernait cette situation par cette tirade: «Les relations entre la France et l'Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises, elles ne peuvent être banales.» L'Algérie parle des «occasions manquées» par une France, figée dans un esprit de domination hérité du passé, qui n'avait pas su établir une «coopération exemplaire». Depuis la solution d'une République algérienne biethnique proposée en 1946 déjà par Ferhat Abbas à l'option d'alliés tragiques avancée par Krim Belkacem en 1962, au partenariat d'exception signé en 2012 entre l'ex-président François Hollande et son homologue Bouteflika en passant par le traité d'amitié âprement défendu par l'ex- président Jacques Chirac, que d'occasions perdues ou même refusées! Que d'énergie inutilement gaspillée! Cinquante années d'une relation en mouvement pendulaire entre l'étreinte et la bouderie. Mais il faut bien que le pendule s'arrête un jour pour entamer enfin une trajectoire rectiligne. L'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir en France marque une profonde rupture non seulement à l'Hexagone, mais aussi dans les rapports entre Alger et Paris. Le jeune président incarne la France nouvelle. Il ne traîne pas le lourd boulet d'une histoire partagée et son approche marque un «désenclavement» des rapports longtemps crispés. Les problèmes ont changé de nature. Aujourd'hui, entre Alger et Paris, il n'y a plus de contentieux grave, de désaccords sérieux. Les relations sont sorties de la zone des tempêtes. Un nouveau souffle, une nouvelle époque.
Il reste à décrypter et donner du sens aux autres changements qui surviennent chez le partenaire français. Quels seront les nouveaux rapports avec la France nouvelle? Comment restaurer un socle commun qui autorise les échanges? Les perspectives de vraies retrouvailles sont réelles puisque la génération Macron a aseptisé le terrain, le rendant plus apte pour une amitié retrouvée. Les bruyantes mésententes, des coups tordus, les tractations secrètes, les traités d'amitié avortés, le poids de la mémoire et les derniers débris de cette méfiance emporté par le ressac de la vague macronienne.
Le président Français sera demain en visite officielle à Alger, dans une totale, sérénité. Les échos parvenant de l'Hexagone le confirment. «Avec l'Algérie, il n'y a pas de tiraillement, la relation est très bonne, étroite, constante», explique-t-on à l'Elysée. Désormais, dit-on encore à l'Elysée, «l'idée, c'est maintenant de tourner la page». «Il a dit (le président Macron, Ndlr) les choses, les choses sont très claires, ça a été très apprécié par les Algériens (...) mais là, aujourd'hui, l'idée du président, c'est de tourner la page et de construire de nouvelles relations avec l'Algérie.» «L'Algérie a vocation à occuper une place importante, une place de passerelle, à la jonction entre les deux continents». Cette «visite de travail et d'amitié» sera suivie d'un Conseil intergouvernemental de haut niveau, jeudi à Paris, présidé par les deux Premiers ministres. Une sérieuse option de salut pour passer aux vrais problèmes. L'Algérie souhaite diversifier son économie, fragilisée par la baisse du cours du pétrole, tandis que la France affronte une sérieuse concurrence des Chinois. Mais le terreau existe: près de 30.000 Français vivent en Algérie dont plus de 90% sont des binationaux et le nombre d'Algériens en France avoisinerait les 3 millions de personnes. A cela s'ajoutent les liens linguistiques puisque près de 11 millions d'Algériens parlent la langue française, et des liens historiques, sans compter la proximité géographique. Aux pires moments, au paroxysme de la tension, il se trouvera toujours de bonnes volontés de part et d'autre pour indiquer la voie positive. Toute la singularité des relations entre les deux pays réside dans ce cordon social. Reste la question de la mémoire, elle est la conscience de la République française. C'est à elle de décider ou non d'examiner l'histoire avec ou sans lunettes tricolores.
L'expression

VISITE D’EMMANUEL MACRON LE 6 DÉCEMBRE EN ALGÉRIE Un petit tour puis s’en ira… au Qatar


Emmanuel Macron ne va pas rencontrer la société civile. Les autorités algériennes n’ont pas accédé à son souhait.  
La visite du président de la République française en Algérie, Emmanuel Macron, qui charriera, à coup sûr, son lot de commentaires et d’expressions passionnés, comme cela a toujours été le cas avec les séjours des chefs d’État de l’Hexagone à Alger, a plus l’allure d’une escale politique que d’une visite d’État. Le patron de l’Élysée passera moins de temps dans la capitale algérienne, où il est attendu le 6 décembre prochain, que le candidat Macron : tout juste une demi-journée et, donc, un agenda serré pour ne pas dire réduit au plus important.  Emmanuel Macron devra arriver à Alger au milieu de l’après-midi, vers les 15 heures, apprend-on de bonne source.
Il décollera vers le Qatar aux environs de 22 heures, après une audience que lui accordera le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Dans l’intervalle, le président français aura une entrevue avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, au Palais du gouvernement. Une rencontre durant laquelle il sera question, entre autres, de la réunion de la Commission mixte de haut niveau, qui s’ouvrira le jeudi 7 décembre, soit le lendemain, à Paris, et que coprésidera Ahmed Ouyahia. Il est fort peu probable que les deux hommes abordent la question de la mémoire, un sujet, faut-il le rappeler, qui non seulement déchaîne les passions mais fâche souvent.
C’est plutôt la coopération économique, les possibilités de partenariats gagnant-gagnant, formule que les officiels algériens aiment à répéter, qui domineront les discussions. Le président français, qui a souhaité disposer d’une tribune pour un échange politique hors séances protocolaires, devra se contenter d’une réunion consacrée au secteur de l’industrie. Le souhait de Macron de rencontrer la société civile ne sera pas exaucé. Les autorités algériennes n’ont pas accédé à cette demande. Le refus algérien serait inspiré, nous confie une source diplomatique, par la polémique toute fraîche qu’a suscitée le débat du président français avec les étudiants burkinabé  à Ouagadougou.
Cependant, le locataire de l’Élysée ne devrait pas quitter Alger sur les seuls rythmes protocolaires. Il est prévu, au cours de sa visite, un bain de foule sur un itinéraire aussi long que symbolique : la Grande- Poste-Place Audin. Cette immersion dans le cœur d’Alger, Macron la fera en compagnie du wali, Abdelkader Zoukh, et du président de l’Assemblée populaire communale d’Alger-Centre, Abdelhakim Bettache, heureux édile, à l’occasion des récentes élections locales. Au regard du menu de la visite de Macron, il n’y a pas de place aux dissertations politiques, lesquelles, si elles devaient avoir lieu, ne pourraient zapper la question de la mémoire. Un dossier sur lequel  autant Alger que Paris avancent prudemment.
L’opinion algérienne attend de Macron d’honorer sa promesse de campagne, lui, qui, candidat à l’Élysée, avait promis d’oser plus que ne l’ont fait ses prédécesseurs sur la reconnaissance du fait colonial. Président et confronté à la réalité du pouvoir et des exigences de la  géopolitique, il semble peu enthousiaste à consentir plus qu’il n’a déjà consenti.
Liberté

lundi 4 décembre 2017

Colonisation : Macron prône une “réconciliation des mémoires”

Le président français Emmanuel Macron a prôné une “réconciliation des mémoires”, rejetant “déni” et “repentance” pour la colonisation, dans un entretien à la chaîne TraceTV diffusé dimanche.
Interrogé à distance par une Française d’origine congolaise sur d’éventuelles mesures de “réparation”, le chef d’Etat français, qui vient d’effectuer une tournée en Afrique de l’Ouest et s’apprête à aller en Algérie, a estimé que “la réparation est mémorielle”.
“Cette jeune femme n’a pas vécu la colonisation, donc elle ne peut se construire sa vie, son projet de vie, la relation avec le pays où elle est, la France, avec ça. Je ne vais pas dire +la France doit verser un subside, ou reconnaître ou indemniser+, ce serait totalement ridicule. En termes de mentalité, ce n’est pas une façon de construire son avenir”, a lancé M. Macron sur TraceTV, chaîne en direction notamment de la jeunesse africaine, dans un entretien d’une heure enregistré jeudi à Accra au Ghana.
“Par contre, pour que (cette jeune femme) puisse pleinement se construire, avoir sa place, il faut qu’il y ait une réconciliation des mémoires, c’est ce à quoi je tiens beaucoup. C’est-à-dire que dans la mémoire française, dans l’histoire de la France, comme dans l’histoire de l’Afrique, on doit parler de ces pages noires, comme des pages glorieuses”, a ajouté le chef de l’Etat.
Il a cité en exemple le centre de mémoire sur la traite et l’esclavage ouvert en 2015 sur l’île de la Guadeloupe aux Antilles françaises qui, selon M. Macron, “a permis de reconnaître la mémoire de l’esclavagisme, la place que cela a eu en particulier dans les territoires d’Outremer français mais aussi sur tout le continent africain”.
“J’ai souvent dit: ni déni, ni repentance. Il faut regarder les choses en face, c’est notre histoire commune”, a-t-il ajouté, appelant à “regarder de manière très dépassionnée cette période”.
Et de conclure: “ce passé c’est notre viatique pour l’éternité, comme disait Jankélévitch. Mais ce qui compte, c’est notre avenir commun”.
Alors candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de “crime contre l’humanité”, en février lors d’un voyage à Alger, déclenchant une polémique.
TSA

Le Président MACRON et la colonisation



Le candidat Macron


Le Président Macron



lien vidéo
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Macron en Algérie: un voyage à risque ?

bfmtv

Macron en Algérie: un voyage à risque ?

Depuis lundi dernier, Emmanuel Macron effectue sa première grande tournée africaine. En quelques jours, le président français a visité le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Sénégal. La semaine prochaine, il tentera d'écrire une nouvelle page de l'histoire de la France avec l'Algérie. Cependant, une telle chose n'est pas facile à faire. Il fera donc face à un défi de taille. En effet, le déplacement d'un chef d'État français en Algérie s'accompagne toujours d'un peu de pressions. Et pour cause, certaines grandes phrases de l'Histoire de la France ont été écrites depuis Alger. Alors, ce déplacement d'Emmanuel Macron en Algérie est-il un voyage à risque ? Et surtout, va-t-il réussir à dépasser le passé entre les deux nations ? Décryptage avec: Albert Zennou, rédacteur en chef au service politique du Figaro. Et Mohamed Troudi, politologue, spécialiste de l'Algérie. - Priorité au décryptage, du dimanche 3 décembre 2017, présenté par Philippe Gaudin, sur BFMTV.

mercredi 14 juin 2017

Premier tour des législatives, la candidate En Marche Houmria BERRADA est arrivée en tête








Elle a certes adhéré au Parti Socialiste, du temps où elle était conseillère de quartier à Fives. Elle l’a très vite quitté. Pour Houmria Berrada, cette campagne des législatives dans la 2e  circonscription sera son véritable baptême du feu en politique. Un mot connoté, au-dessus duquel elle inscrit son engagement pour En Marche !«  Le but, c’est de dépasser les clivages politiques. Nous voulons parler à l’ensemble des citoyens qui ont besoin de savoir ce que l’on peut faire pour changer leur quotidien plutôt que de mettre en avant des étiquettes politiques  », proclame la jeune Monsoise, adhérente du mouvement depuis le début de l’année après avoir suivi sa naissance. «  Le discours d’Emmanuel Macron m’a interpellée. Libérer les énergies en dépassant les clivages, c’est une démarche qui me parle profondément. »
La candidate, qui a grandi à Wazemmes, vécu à Lille-Fives avant d’emménager à Mons-en-Baroeul où elle a créé le comit é EM !, estime qu’il y a aujourd’hui une vraie dynamique pour le mouvement qu’elle représente dans la circonscription. «  À Mons avec mon comité, à Villeneuve-d’Ascq avec ceux de Christian Carnois et d’Olfa Laforce, à Hellemmes ou à Ronchin, ces comités sont très actifs. Ils perdureront, car ils seront précieux dans les remontées du terrain. »
Un terrain auquel Houmria Berrada revendique son ancrage. «  Je suis une jeune issue de quartiers où il m’a fallu me battre avec ce que j’avais pour m’en sortir. Je me sens totalement en phase avec le discours d’Emmanuel Macron. Il y a dans ce pays des paralysies qui empêchent que s’expriment les énergies. Il est temps de s’inscrire en rupture avec cet état de fait. »
 S. H.

La voix du nord

Houmria est membre active du programme Génération Entrepreneurs en Algérie de l'association Maison de l'Algérie.


jeudi 25 mai 2017

Comment développer la coopération entre l'Algérie et la France du président Macron ?

Le Professeur Abderrahmane Mebtoul, économiste algérien et expert international.

« C'est un homme de dialogue, conscient des enjeux du monde nouveau… Je tiens à féliciter Emmanuel Macron, nouveau Président de la République française qui connaît parfaitement l'Algérie. Je pense fermement que certaines tensions entre l'Algérie et la France ne sont que passagères », affirme le Professeur Abderrahmane Mebtoul*, économiste expert de renommée internationale. Pour La Tribune, il rappelle ici quelques fondamentaux de la relation franco-algérienne, manière pour lui de contribuer dès le début de ce quinquennat au renforcement de la coopération entre les deux pays, quelques jours après l'élection présidentielle française et les élections législatives algériennes...

Nos deux pays doivent avoir une vision commune de leur devenir, et ce afin de contribuer ensemble à la stabilité régionale, conditionnée par un véritable co-développement. S'il ne s'agit nullement d'occulter la mémoire, indispensable pour consolider des relations durables entre l'Algérie et la France, il s'agit bien, en ce monde impitoyable où toute nation qui n'avance pas recule, de préparer l'avenir, ensemble et dans le respect mutuel.
Pour ma part, au cours de différentes rencontres avec d'importantes personnalités politiques et économiques, j'ai souligné que l'Algérie entend ne pas être considérée comme un simple marché. Et c'est dans ce cadre que doit se déployer un co-partenariat entre l'Algérie et la France, loin de tout préjugé et esprit de domination.
C'est dans le contexte de la quatrième révolution économique mondiale que doit être appréhendée une approche réaliste du co-partenariat entre l'Algérie et la France tenant compte.

Repousser les frontières de Schengen... jusqu'au sud du Maghreb

Au niveau mondial, nous assistons à l'évolution d'une vision purement matérielle, caractérisée par des organisations hiérarchiques rigides, à un nouveau mode d'accumulation fondé sur la maîtrise des connaissances, des nouvelles technologiques et des organisations souples en réseaux comme une toile d'araignée à travers le monde, avec des chaînes mondiales segmentées de production où l'investissement, en avantages comparatifs, se réalise au sein de sous-segments de ces chaînes.
Comme le note justement mon ami Jean-Louis Guigou, président de l'Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen, à Paris), il faut faire comprendre que, dans l'intérêt tant des Français que des Algériens - et plus globalement des Maghrébins et des Européens ainsi que de toutes les populations sud-méditerranéennes -, les frontières du marché commun de demain, les frontières de Schengen de demain, les frontières de la protection sociale de demain, les frontières des exigences environnementales de demain... doivent être au sud du Maroc, au sud de la Tunisie et de l'Algérie, et à l'est du Liban, de la Syrie, de la Jordanie et de la Turquie, passant par une paix durable au Moyen-Orient, les populations juives et arabes ayant une histoire millénaire de cohabitation pacifique.
Plus précisément, l'Algérie et la France présentent l'une et l'autre des atouts et des potentialités pour la promotion d'activités diverses et cette expérience peut être un exemple de ce partenariat global devenant l'axe privilégié du rééquilibrage du sud de l'Europe, par l'amplification et le resserrement des liens et des échanges sous différentes formes.

Intensifier les échanges entre la France et l'Algérie

Les relations économiques entre la France et l'Algérie se maintiennent à un niveau important, comme l'atteste le bilan officiel 2016 du commerce extérieur de l'Algérie. Tandis que les pays de l'Union européenne sont toujours les principaux partenaires de l'Algérie (47,47 % des importations et de 57,95 % des exportations), on peut relever que le principal client est l'Italie, qui absorbe plus de 16,55 % des ventes, suivie par l'Espagne à 12,33 % et la France, à 11,05 %. Pour les principaux fournisseurs, la France occupe le premier rang des pays de L'UE avec 10,15 %, suivie par l'Italie et l'Espagne, avec respectivement 9,93 % et de 7,69 % du total des importations.
Durant les deux premiers mois de 2017, l'Italie a été notre principal client avec une part de 17,73 % des ventes algériennes à l'étranger, suivie par l'Espagne pour 15,14 % et la France pour 12,63 %. La Chine, qui représente notre principal fournisseur durant les deux premiers mois de l'année 2017, a livré 20,21 % de nos importations, suivie par la France pour 8,17 % et l'Italie pour 6,88 %, la France demeurant le premier investisseur hors hydrocarbures.
Cependant, les échanges entre l'Algérie et la France peuvent être intensifiés dans tous les domaines : agriculture, industrie, services, tourisme et éducation, sans oublier la coopération dans le domaine militaire, où l'Algérie peut être un acteur actif, comme le montrent ses efforts en vue de la stabilisation de la région.
Par ailleurs, n'oublions pas le nombre de résidents d'origine algérienne en France, qui dépasseraient les 4 millions, dont 2 millions de binationaux. Quel que soit son nombre exact, la diaspora représente un élément essentiel du rapprochement entre l'Algérie et la France, car elle recèle d'importantes potentialités intellectuelles, économiques et financières. La promotion des relations entre l'Algérie et sa communauté émigrée doit mobiliser à divers stades d'intervention l'initiative de l'ensemble des parties concernées, à savoir le gouvernement, les missions diplomatiques, les universités, les entrepreneurs et la société civile.

Éviter toute sinistrose dans la vision de l'Algérie

En ce moment de tensions géostratégiques au niveau de la région, avec notamment le terrorisme, la consolidation des grands ensembles, les enjeux de la mondialisation, le rapprochement entre de nos deux pays est nécessaire pour une intensification de la coopération entre la France et l'Algérie via l'Europe, à la mesure du poids de l'histoire qui nous lie.
Mais les étrangers ne feront pas les réformes à notre place : l'Algérie sera ce que les Algériennes et les Algériens voudront qu'elle soit, en supposant que les réformes structurelles indispensables se fassent, si elle veut éviter sa marginalisation et le retour au FMI à l'échéance 2018-2019.
L'Algérie peut surmonter les difficultés actuelles et être un acteur actif au sein de la région méditerranéenne et africaine. Il faut éviter toute sinistrose dans la vision de l'Algérie, car la situation est différente de celle de 1986 : la dette extérieure, inférieure à 4 milliards de dollars, et des réserves de change de 109 milliards de dollars au 1er février 2017, offrent un répit de trois années.
L'Algérie peut surmonter les difficultés actuelles. Pourtant, la réussite du partenariat industriel, national et international, n'est pas réalisable sans une gouvernance centrale et locale rénovée, une vision cohérente se fondant sur des réformes structurelles tant politiques, sociales, économiques - dont le marché financier, le foncier, le marché du travail et surtout la réforme du système socio-éducatif, pilier de tout processus de développement à l'aube de la quatrième révolution technologique.

Entreprendre ensemble dans le cadre du respect mutuel

Les tactiques doivent s'insérer au sein de l'objectif stratégique de maximiser le bien-être social de tous les Algériens. Face aux nombreux nouveaux défis qui attendent notre pays afin de le hisser au rang de pays émergent, à moyen et long termes, l'Algérie se doit d'engager des réformes structurelles supposant un large front social interne de mobilisation, tolérant les différentes sensibilités. Pour cela, la domination de la démarche bureaucratique devra faire place à la démarche opérationnelle économique, avec des impacts économiques et sociaux positifs à terme. En résumé, l'intensification de la coopération ne sera possible - tout en n'oubliant pas le devoir de mémoire - que si l'Algérie et la France ont une approche réaliste du co-partenariat, un partenariat gagnant-gagnant loin du mercantilisme et de l'esprit de domination, et une vision commune de leur devenir.
L'Algérie et la France sont des acteurs incontournables pour la stabilité de la région, et toute déstabilisation de l'Algérie aurait des répercussions géostratégiques négatives sur l'ensemble de la région méditerranéenne et africaine, comme je l'ai souligné avec force dans mon interview donnée le 28 décembre 2016 aux États-Unis, à l'American Herald Tribune. Et bien entendu sous réserve que l'Algérie approfondisse l'État de droit et la démocratisation de la société, et qu'elle réoriente sa politique économique afin de réaliser un développement durable. Les tensions actuelles entre l'Algérie et la France ne sont que passagères, selon les informations que j'ai recueillies auprès d'importantes personnalités de l'Hexagone. Il s'agit d'entreprendre ensemble dans le cadre du respect mutuel. C'est dans ce cadre que doit rentrer un partenariat gagnant-gagnant entre l'Algérie et la France, loin de tout préjugé et esprit de de domination.
...
* Auteur de nombreux articles publiés dans la presse internationale, le Professeur Abderrahmane Mebtoul a notamment animé une conférence - dont La Tribune était partenaire -, le 7 avril 2016 à La Villa Méditerranée de Marseille,sur le thème « Le partenariat gagnant-gagnant et le dialogue des cultures dans le cadre de la coopération Algérie-France, facteur de stabilité de la région africaine et euroméditerranéenne » en présence de nombreuses personnalités politiques et économiques, d'experts internationaux et du personnel diplomatique du consulat général d'Algérie à Marseille.
LA TRIBUNE