vendredi 6 avril 2012

«NOTRE AMBITION : UN PONT DE RALLIEMENT DE LA JEUNESSE ALGERO-FRANCAISE…»

Entretien avec Mme Naima Iratni, présidente de l’association «Maison de l’Algérie» :
En 2011, cette association a organisé un grand événement qui a mis dans son champ de mire la jeunesse, ses ambitions et sa volonté d’entrer par la grande porte dans le monde des affaires. Grâce au projet Pont de l’intelligence, les jeunes ont eu la chance d’échanger leur savoir et leur expérience avec de jeunes Français dans divers domaines. Pour rappel, la première édition de cette initiative a été organisée en 2011 en direction d’Alger et en 2012 elle fera le tour du pays. A propos de cet événement, cet entretien avec la présidente de l’association nous éclairera sur plus de détails.
Propos recueillis par Bourbia Samira
Le Chiffre d’Affaires : Parlez-nous de votre association et des activités qu’elle entreprend et pourquoi cette appellation Maison de l’Algérie ?

Mme Naima Iratni : Créée en octobre 2010, l’association Maison de l’Algérie a pour but d’encourager, soutenir et assurer la promotion de projets économiques, sociaux, touristiques, culturels, etc. dans un esprit de réciprocité entre les sociétés civiles française et algérienne. L’association vise en priorité la jeunesse des deux pays. Elle agit sur trois axes de développement : le tourisme, l’économie et le monde associatif. L’appellation Maison de l’Algérie est née de la volonté de la société civile française et algérienne de fonder ce foyer, car animées d’un besoin constant de vivre pleinement leur épanouissement.
Votre  projet Pont de l’intelligence entre jeunes Algériens et Français, une initiative qui voue l’échange et la coopération entre  les jeunes des deux pays. Cependant, ce genre d’initiatives n’est pas une première : d’autres personnes ont déjà initié des échanges entre les jeunes Français et Algériens, notamment dans le cadre des activités universitaires. Qu’est-ce qui caractérise votre projet  dans ce cas Les récents événements ont montré que le bassin méditerranéen vit un bouleversement historique majeur porté par sa jeunesse dont la revendication principale est son avenir socioéconomique. De leur côté, les jeunes Algériens aspirent fortement à vivre un rapprochement avec les jeunes Français qui témoignent en toute occasion de leur attachement à l’Algérie. Profitant de cette dynamique, la Maison de l’Algérie s’engage à bâtir un pont de l’intelligence entre eux.
Vous avez un regard croisé de la nouvelle génération des deux pays et, en outre, une connaissance réciproque et une compréhension mutuelle de la relation d'exception entre la France et l'Algérie en vue d'un partenariat durable, c’est ce qui figure dans votre blog. Comment comptez-vous réaliser ce projet en Algérie et de quelle manière, sachant que vous êtes une association qui est née de la volonté des sociétés civiles française et algérienne ?
L’objectif est de créer un flux d’idées, d’échanges, de projets, de compétences, de formations capables de favoriser le développement entre elles. Miser sur la jeunesse des deux rives afin de générer une dynamique commune passe par la confiance, l’amitié et le partage. Ces trois points essentiels à la naissance de projets collectifs ne s’improvisent pas, ils se construisent. Des programmes seront proposés de part d’autre de la Méditerranée pour créer un véritable moteur de développement socioéconomique et culturel.
Qu’est-ce que vous avez proposé aux jeunes des deux pays comme activités d’échange et de coopération ?
Les activités d’échange et de coopération se feront à travers des projets que les jeunes proposeront via le questionnaire d’inscription, la sélection se fera comme suit : Regroupement de projets similaires pour former le couple franco-algérien, mise en contact des porteurs (couple franco-algérien) de projets afin d’engager les échanges, présentation du projet au comité d’accueil pour validation. Les projets retenus ont été dans les secteurs économique, touristique, culturel, développement durable… porteurs de valeur ajoutée au niveau local dans un esprit de développement économique et social. Les projets sélectionnés étaient de véritables moteurs de développement avec un impact direct sur la population locale.
Il y avait 750 jeunes Français qui ont fait partie de ce réseau d’échange, quel est le concept de cette coopération ?
L’événement  a été une rencontre lors d’un week-end à Alger (30 week-ends l’année), entre 25 jeunes Français et 25 jeunes Algériens qui vont échanger et réfléchir autour de leur projet. Cette rencontre a été une occasion pour les deux projets de développement sélectionnés d’être présentés à une assistance composée des jeunes Français et Algériens avec pour objectif de collecter des idées, suggérer et proposer des solutions pour les faire évoluer.
Des représentants d’institutions algériennes, notamment la Chambre de commerce d’Algérie, représentée par M. Ameziane Medjkouh, vice-président et le président de la chambre de commerce du Djurdjura, dont l’objectif est de les interpeller sur la capacité de la participation des jeunes dans le développement économique et social.
D’autres intervenants, à savoir Hamid Bouchikhi, professeur de management et d’entrepreneuriat, dicteur académique du pôle entreprenariat à l’ESSEC. J’attire l’attention des jeunes Algériens que Maison de l’Algérie a commencé ce concept à Alger en 2011, et  en 2012 elle organisera un week-end à Tizi Ouzou pour ensuite sillonner toutes les villes d’Algérie.


Propos recueillis par Bourbia Samira

5e Salon national du couscous

C'est hier, mercredi, que le coup de starter de la 5e édition du Salon national  Djurdjura du couscous, le plat de référence en Kabylie et un peu partout en Algérie, a été donné à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Cette activité qui s'étalera jusqu'au 6 avril est organisée par la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, en partenariat avec l'entreprise Couscous El-Gherbal de Boghni. Pour cette édition, les organisateurs ont choisi de placer ce salon sous le slogan “Amager n’Tefsut” ou l'accueil du printemps. Cette manifestation est marquée par la participation de plusieurs exposants issus des quatre coins du pays (Tlemcen, Béjaïa, El-Bayedh, Annaba, El-Oued, Oran et Alger). Un programme riche a été concocté pour l’occasion, ce qui permettra au public de découvrir et d’apprécier la variété et la richesse de cet art culinaire ancestral.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée hier matin, avec l'atelier de danse folklorique Itran n’Dda Lmulud de la maison de la culture Mouloud-Mammeri. Ce spectacle a été suivi d'une démonstration de préparation du couscous roulé à la main. Après l'inauguration des expositions, les wilayas participantes ont offert aux visiteurs une dégustation de leurs plats traditionnels. Par ailleurs, le salon a été agrémenté par une séance de ventes-dédicaces (par les éditions La Pensée) des ouvrages sur les arts culinaires kabyles, tandis qu'en cours d’après-midi, des conférences-débats ont été programmées à la salle du petit théâtre, ainsi que la projection d’un documentaire sur les arts culinaires traditionnels, suivie d'un débat avec Mohamed Zerdoumi, animateur de l'émission “Twiza” à la chaîne de télévision nationale TV4. Pour la clôture de cet événement, les organisateurs ont prévu une visite au village Tamgout (commune de Yakouren), où des activités seront organisées par l’association culturelle du village sur le rite habituel de l’accueil du printemps en Kabylie.


Par : Samira BOUABDELLAH
Liberté

Le phénomène de la corruption en milieu politique en débat à Biskra La “tchippa” et la “chkara” pervertissent le milieu politique

Aucun secteur d’activité n’est épargné par les pots-de-vin. Les termes tchippa, chkara, rechoua ou encore qahwa sont tellement ancrés dans le quotidien des Algériens qu’on a cette nette impression que le rituel du “rien pour rien” s’impose avec en toile de fond des “enveloppes” bourrées d’argent et des “pourcentages” versés et blanchis.

Les scandales de Sonatrach, de l’autoroute Est-Ouest, des passations douteux de marchés publics, du monde du football ne sont pas encore clos que le fléau bouleverse la vie politique du pays. Et pour cause, à l’approche des élections législatives du 10 mai prochain, tous les regards sont braqués sur les critères méritoires selon lesquels sont choisis les candidats, tant au sein des partis politiques que sur les listes des indépendants. Le sponsoring politique est sous la loupe des autorités judiciaires qui suivent de près les lobbies de la finance et les barons qui se sont illicitement enrichis et soutiennent des candidats qui voudraient briguer un poste au Parlement. Finalement, la corruption est partout, semée sous une forme de “violence invisible”, pour paraphraser les intervenants au 2e Colloque national de lutte contre la corruption qui se déroule, depuis hier, à l’université Mohamed-Khider à Biskra. Aujourd’hui, relèvent-ils, le commun des mortels s’interroge sur l’attitude à adopter face à ce phénomène dans la rue, dans les entreprises et les institutions pour échapper au chantage et au trafic d’influence.
Cette rencontre à laquelle prend également part dans l’organisation le laboratoire chargé du changement social et des relations publiques en Algérie, le laboratoire chargé de l’impact de la jurisprudence juridique sur la législation et le 4e commandement régional de la Gendarmerie nationale (4e CR-GN) d’Ouargla, a abordé à tous les aspects inhérents à la prolifération du fléau de la corruption en Algérie avec ce constat : les dégâts sont énormes.
Marqué par un absentéisme des plus scandaleux, la 6e législature aura finalement révélé les ambitions douteuses de certains parlementaires qui passent leur mandat à faire de l’argent au lieu de porter les préoccupations du peuple au-devant de l’actualité. Avec un niveau scolaire des plus bas, un comportement loin de répondre au charisme d’un représentant du peuple aux deux Chambres parlementaires, des candidats sont entrés la tête haute et le sac plein de beaux dinars à blanchir pour bénéficier de deux choses : l’immunité parlementaire et l’usage abusif du statut de député.
Pour preuve, à peine les listes électorales ouvertes aux prétendants à la 7e législature, que la guerre des listes a révélé au grand jour des comportements immoraux laissant l’opinion publique perplexe par cette facilité déconcertante qu’ont des candidats à acheter une position dans une liste moyennant des millions de dinars. Les universitaires, venus des quatre coins du pays, les magistrats, les officiers de la GN et de la DGSN, des Douanes algériennes et d’autres représentants des institutions concernées par la lutte contre la corruption ont, certes, apporté certaines réponses aux problématiques posées lors du colloque, mais faudra-t-il oser aller loin dès que la preuve est établie. À ce jour, aucun secteur n’a échappé à ce fléau qui gangrène l’économie nationale, les mentalités, les comportements et dégrade de facto l’échelle des valeurs.

Les lois sont-elles insuffisantes ou s’agit-il d’un manque d’application ?
Les communications phare du colloque, à savoir celle du colonel Mohamed-Tahar Athmani, patron du 4e CR-GN, suivie de Akila Kharbachi, universitaire, mais aussi du recteur de l’université de Biskra, Belkacem Slatni, et du lieutenant-colonel Abdelhamid Keroud du CGN (Alger) ont mis en exergue toutes les facettes de la corruption qui mine la vie publique. Car, un tel colloque qui intervient à 40 jours des élections législatives ne peut qu’inscrire une dynamique politique des hautes autorités de l’État à vouloir s’attaquer à ce fléau, en instaurant des mécanismes qui permettraient aux magistrats et aux services de sécurité de traiter de lourds dossiers loin de toute pression politique.
Au-delà des recommandations qui devront être formulées, cet après-midi, les intervenants estiment que le volet relatif à la loi demeure insuffisant. Classée au 92e rang mondial sur 180 pays, l’Algérie a subi l’effet direct et néfaste de la globalisation au moment où d’importants projets structurants étaient engagés. Et si le taux de corruption était de l’ordre de 3% dans le commerce mondial en 2002, selon la Banque mondiale (BM), aujourd’hui ce taux a atteint un seuil d’intolérance de l’ordre de 9%. Soit plus de 1 000 milliards de dollars dans le monde ! Et l’Algérie, convoitée après être devenue “un pays qui compte” et où des chantiers qui se chiffrent en milliards de dollars sont lancés, n’a pas échappé à cette tendance. Du coup, la corruption a touché tous les secteurs, chose que nul ne pourrait nier.

D’abord lutter contre la “corruption morale” !
Cette tendance à l’aggravation, saupoudrée par la pratique du gain facile, les cadeaux, les mesures d’accompagnement sans fondements, la passation de marché de gré à gré après être déclarés infructueux, a causé d’énormes dégâts dans le secteur public et les institutions de l’État, tant que celui-ci est soumis au contrôle. Mais le secteur privé et les activités multiservices, dont les activités libérales et l’agriculture, échappent totalement aux outils de contrôle de lutte contre la corruption.
En ce sens, révèle-t-on, la justice algérienne traite, chaque année, une moyenne de 1 000 dossiers et affaires liés à la corruption, avec l’arrestation de 1 300 à 1 500 personnes et qui ont écopé des peines. La corruption liée au détournement de deniers publics constitue l’un des crimes les plus répandus de la corruption, suivie par l’abus de fonction, la corruption de fonctionnaires et l’octroi de privilèges injustifiés dans les marchés publics. Il faut savoir également que les collectivités locales, les secteurs de la poste et des banques sont les plus touchés, alors que d’autres secteurs, comme le bâtiment, les travaux publics, l’éducation nationale, les impôts, les douanes et autres secteurs d’activité sont aussi gangrenés par la corruption.
En attendant le rapport qui devait être remis au chef de l’État par l’organe national de prévention et de lutte contre la corruption — installé en janvier dernier — qui comprend par ailleurs, une évaluation, dans chaque secteur, des dysfonctionnements qui ont favorisé la corruption, ainsi que les mesures prises dans ce sens, notamment par l’installation d’un office central de répression de la corruption, la justice se trouve souvent dans l’impasse. Depuis la création par l’Algérie, en 1996-1997, d’un service central de prévention de la corruption, en passant par le fameux “rapport Sbih”, commandé en 2000 mais qui n’a jamais vu le jour, jusqu’en 2006, avec l’adoption de la loi 06-01, qui prévoit la mise en place d’un organe de prévention de la corruption, l’État algérien a exclusivement misé sur les services judiciaires et de sécurité.
Du coup, estime Mohamed Salah Derrardja de la division de la PJ-GN : “S’il existe une discipline capable d’offrir une liberté de manœuvre méthodologique, c’est bien celle de la criminologie. Le fait de se positionner au carrefour des sciences sociales, juridicopénales et humaines réduit le risque de laisser pour compte l’essentiel dans le fait social de la corruption, la perversion de l’échange, la confusion entre le public et le privé et la fusion pathologique entre la notoriété sociale et la responsabilité professionnelle. L’approche criminologique reconnaît à la corruption tous ces aspects que le bon sens recommande au législateur de redimensionner”.
Il faut noter que le code pénal sanctionne sévèrement 24 cas de figure liés à la corruption, allant de 50 000 DA à 1 million de dinars et de 6 mois à 20 ans de prison ferme. Mais il s’agit de savoir si ces peines sont suffisantes pour endiguer ce phénomène ? Rien n’est moins sûr pour et la raison en est simple : “La corruption morale” est souvent là pour “la lutte contre la… corruption !”

Par : Farid Belgacem

Liberté

Leur ambition ne s’arrête pas à la commercialisation de leurs produits Des entreprises algériennes veulent investir en Afrique

Motivées par leur propre stratégie de développement, des entreprises, toutes tailles et secteurs confondus, n’hésitent plus à débourser
des sommes importantes pour arriver à écouler leurs marchandises en Afrique.
 


L’Afrique est en passe de devenir une des nouvelles destinations de choix pour nos opérateurs économiques en quête d’opportunités commerciales et d’investissement. Si certains pays de ce continent connaissent toujours des troubles qui découragent tout investisseur à s’y aventurer, d’autres, en revanche, notamment de la zone Afrique centrale, jouissent depuis quelque temps d’une très bonne stabilité politique et sécuritaire qui leur a permis de réaliser, ces dernières années, l’un des plus forts taux de croissance moyen du PIB. D’où l’intérêt que portent, aujourd’hui, beaucoup d’industriels algériens à ces pays. Ils sont, en effet, nombreux à faire des déplacements pour des participations à des foires économiques, des prospections de marché et de recherches de partenariat. Encouragées et encadrées par des organismes facilitateurs, comme l’Algex ou la CACI, ou seulement motivées par leur propre stratégie de développement, ces entreprises, toutes tailles et secteurs confondus, n’hésitent plus à débourser des sommes importantes pour arriver à écouler leurs marchandises. Mais la commercialisation a pour but de préparer uniquement le terrain. L’objectif final étant d’aboutir à des partenariats de montage d’industries dans ces pays.

C’est l’exemple du groupe de semoulerie industrielle de la Mitidja (SIM), dont l’un des responsables a récemment participé à la foire économique du Cameroun, aux côtés d’une douzaine d’autres opérateurs algériens. Pour le patron de SIM, Tayeb Zeraïmi, les pays du continent africain présentent cet avantage d’avoir «des exigences plus souples en matière de normes, bien qu’ils ne badinent pas avec la qualité». Son groupe, dont les produits sont aujourd’hui présents au Sénégal, Mali, Nigeria, Niger et le Soudan, ne veut pas s’arrêter au seul aspect commercial et compte lancer deux projets, actuellement en cours de négociation.
Le premier concerne la reprise d’un pôle industriel agroalimentaire en Mauritanie et le second, en phase de maturation, se fera sous forme d’un partenariat public-privé (PPP). Au Togo, le groupe SIM étudie également d’autres possibilités d’investissement qui semblent a priori encourageantes, d’autant que «c’est le président de la République togolaise, lui-même,» qui a reçu le patron du groupe et discuté avec lui. 

   
Prospection et contacts d’affaires


Plus offensif encore, le groupe Cevital entend faire de l’année 2012 une année à l’international, plus précisément en Afrique. Le groupe se prépare ainsi à monter des plateformes logistiques pour la vente et la distribution de ses produits dans plusieurs pays africains. «S’il s’avère que des opportunités d’investissement existent dans ces pays, nous allons investir. Je viens de rentrer d’un long périple et nous avons décelé des possibilités d’installer des plateformes à Djibouti, au Kenya, en Tanzanie, au Rwanda, au Burundi et en Ouganda. Nous avons déjà expédié une cargaison de sucre à destination de l’Irak et nous comptons aussi avoir des plateformes en Libye», a révélé, il y a quelques semaines, le patron du premier groupe privé, Issad Rebrab. Il a annoncé, en outre, que des études et des négociations sont en cours pour le rachat de trois sucreries au Kenya ainsi qu’un projet de production de canne à sucre et de lait en Tanzanie. Modestement, mais sûrement, le groupe agroalimentaire Benamor envisage, lui aussi, d’investir «l’espace africain» en lançant, d’abord, des prospections de marché dans plusieurs pays d’Afrique. «Nous ne sommes qu’au stade de la prospection. Mais l’intérêt du groupe pour ces marchés en termes de commercialisation et d’investissement est réel, notamment pour le Rwanda et la Mauritanie», nous dira Laïd Benamor, PDG du groupe.

Tout comme lui, Mokhtar Belhadj, le patron de l’entreprise Belcol, spécialisé dans la fabrication de colles industrielles, se dit fortement intéressé par les opportunités d’affaires qu’offrent les pays africains. C’est pourquoi, à l’occasion de sa participation à la dernière manifestation économique organisée, la semaine dernière, par le comité d’affaires algéro-camerounais, un premier contact a été noué avec trois potentiels partenaires camerounais en vue de la création d’une usine à Douala, la capitale économique du Cameroun, grâce à une association, dont la forme est en cours d’étude. «Probablement, notre participation se fera sous forme de transfert technique et de savoir-faire. Les discussions sont toujours en cours», nous affirme M. Belhadj.  


Avantages et… inconvénients !


Il reste à savoir pourquoi nos investisseurs tournent aujourd’hui leur regard – et leur fonds – vers ces pays, alors que, traditionnellement, c’est dans le Nord que les affaires marchent le mieux ? Pour Mohamed Benini, directeur général de l’Agence algérienne de promotion du commerce extérieur (Algex), le regain d’intérêt constaté depuis quelque temps pour le continent africain, notamment pour les huit pays de la zone Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine, Congo, RDC, Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé et Principe, Tchad) s’explique par «la position géostratégique qu’occupent ces pays dans le continent.        
En plus de l’ouverture qu’il offre sur le reste des pays de l’Afrique, ce nouvel espace apparaît comme un nouveau monde pour l’investissement et les bonnes affaires, d’autant qu’il est resté vierge des années durant, mais présente aujourd’hui un marché à fort potentiel de croissance».

En effet, l’atout majeur de cette région reste sa population, dont plus de 40% vivent dans des zones urbaines. Cette «niche stratégique», qui devrait attirer les entreprises économiques algériennes, dispose, en plus, «d’une desserte maritime à même de faire éviter aux opérateurs économiques le passage coûteux, difficile et risqué par la Transsaharienne», explique le DG de l’Algex. Il n’en demeure pas moins qu’investir en Afrique n’est pas de tout repos.
Ainsi, en l’absence d’accords préférentiels, non encore signés, liant l’Algérie à ces pays, beaucoup d’avantages dont pourraient bénéficier nos opérateurs ne sont pas encore possible, au moment où «nos voisins marocains et tunisiens en profitent depuis bien longtemps», regrette M. Benini.

L’ouverture d’un bureau de représentation permanent, revendiqué d’ailleurs par les patrons lors de la dernière tripartite, tarde également à voir le jour. «La Banque d’Algérie n’en a pas délivré l’autorisation nécessaire et, du coup, les transferts de capitaux ne sont pas possibles», explique encore notre interlocuteur.

 

Lyes Mechti

 

mardi 3 avril 2012

Début des Journées du film méditerranéen à Alger

Le cinéaste turc, Nuri Bilge Ceylan, était présent, samedi soir à la salle Cosmos au complexe Riad El Feth, à Alger, pour la projection de son dernier long métrage, Il était une fois en Anatolie (Bir Zamanlar Anadolu’da), qui a lancé les premières Journées du film méditerranéen, Mediterra Ciné.


Organisée par l’Agence algérienne du rayonnement culturel (AARC) et la société de production et de distribution MD Ciné, la manifestation se déroulera jusqu’au 7 avril à un rythme de 4 à 6 projections par jour (13h30, 15h, 15h30 et 18h) dans les deux salles Cosmos, Alpha et Bêta. «Nous avons essayé de choisir des films représentatifs de chaque pays et d’équilibrer entre les films d’auteur et ceux à caractère commercial. Ces longs métrages représentent la quintessence de ce qu’a été la production cinématographique en 2011», a déclaré, lors de la cérémonie d’ouverture, Malek Ali Yahia, directeur de MD Ciné.

Nabila Rezaïg, chargée du département cinéma à l’AARC, a expliqué, de son côté, que la plupart des films choisis ont été primés. Elle a cité l’exemple de Il était une fois en Anatolie, qui a eu le grand prix au Festival du cinéma de Cannes en 2011, le long métrage français The Artist de Michel Hazanavicius, qui a décroché cinq oscars aux Etats-Unis et la fiction espagnole Pain noir, de Agusti Villaronga, primé une dizaine de fois du prestigieux prix Goya. Autres films programmés : Amnistie, de Bujar Alimani (Albanie), Andalousie, mon amour, de Mohammed Nadif (Maroc), Dima Brando, de Ridha Béhi (Tunisie), Damascus with my love, de Mohamed Abdulaziz (Syrie), Balle perdue, de Georges Hachem (Liban), Normal, de Merzak Allouache (Algérie), Cairo Exit, de Hescham Issawi (Egypte), Habibi, de Susan Youssef (Palestine), Montevideo, taste of a dream, de Dragan Bjelogrlic (Serbie), Fish n’chips, de Elias Demetriou (Chypre) et Terraferma, de Emanuele Giannaris (Italie)…

En tout 18 longs métrages. Certains de ces films ont été présentés au cinquième Festival d’Oran du film arabe (FOFA) en décembre 2011. «C’est une manière de garder la confiance des cinéastes qui étaient présents avec nous à Oran. Nous avons donc décidé de montrer certains films projetés à Oran pour permettre au public d’Alger de les voir aussi (…) Il y a un fil conducteur entre ces films choisis pour MediterraCiné, la question de l’émigration clandestine», a précisé
Nabila Rezaïg.                     

Fayçal Métaoui
El watan

Fête de la guitare à Alger Une touche pour de belles soirées

Une soirée musicale, animée par les groupes 6 Rock’O, Bermudes et le guitariste Amar Sundy, s’est déroulée, vendredi, en clôture de la fête de la guitare organisée par l’Office Ryadh El Feth.


Pour cette dernière soirée de jeunes groupes algériens ont été conviés sur scène comme pour donner la chance à la jeune génération de musiciens de s’exprimer devant un public nombreux. Le groupe 6 Rock’O ouvre le bal avec deux titres de sa propre composition, avant de s’attaquer à plusieurs reprises de grands classiques du blues et du rock tel que Smoke on the water.

A la fin de leur tour de scène, le groupe 6 Rock’O est rejoint par le «Guitare Hero» algérien, Lotfi Attar, pour interpréter deux des titres les plus connus du groupe Raina Raï, Ya ezzina et Taïla au grand bonheur du public. Lotfi Attar, qui expose une partie de sa collection de guitares dans le hall de la salle Ibn Zeydoun, est toujours présent après plus de trente ans de scène et continue encore à encourager les jeunes musiciens, qu’il trouve prometteurs, à «persévérer, innover, et s’approprier la musique algérienne».

En seconde partie de soirée, le jeune groupe Bermudes entre en scène pour interpréter des titres de leur premier album Loukane, qui n’a pas été commercialisé. Leur style musical s’approche du rock psychédélique des Pink Floyd qui ont beaucoup influencé ce groupe, qui alterne souvent le rock et les ballades avec une forte présence vocale. Amar Sundy, guitariste algérien vivant aux Etats-Unis, qui a accompagné plusieurs stars internationales, rejoint les musiciens du groupe Dzaïr pour clore cette soirée et la Fête de la guitare. Amar a joué des morceaux de ces nombreux albums solo, des titres qui se basent beaucoup plus sur l’instrumental que sur le chant, avec un style qui se rapproche de la world music, où l’on retrouve des sonorités jazz, funk, folk et blues.

Ce projet, chapeauté par Amine Kariche et l’Oref, a réussi à attirer un nombre conséquent d’amateurs de guitare, l’un des instruments les plus joués au monde.
Cet événement, qui s’est tenu du 28 au 30 mars à Ryadh El Feth, a aussi réussi à initier et à encadrer beaucoup de jeunes musiciens amateurs, grâce à trois grands concerts et à la tenue d’ateliers de guitare. Rappelons que la Fête de la guitare, comme le déclarent ses initiateurs, se veut avant tout un événement familial et rassembleur pour donner une vocation culturelle aux amateurs de cet instrument. Plusieurs genres musicaux se sont succédé sur scène, du rock en passant par le manouch, le classique, la musique traditionnelle ou le classique.

Le Maghreb en tête des «très diplômés» immigrés en France

L’étude est appelée à faire des vagues. Les «très diplômés» ne sont pas là où Les attend

Selon une étude du Secrétariat général de l’immigration, la France compte 6,24 millions de «très diplômés» (masters, grandes écoles et doctorat), dont 710 000 «immigrés». Au total, ce sont 780 000 «très diplômés» qui ne sont pas nés français, la différence avec les 710 000 personnes citées dans l’étude représentant ceux qui ont acquis la nationalité française. Cette étude bat en brèche de nombreuses idées reçues.

Qui sont les nouveaux français ?

Les pays d’origine les plus représentés sont l’Algérie et le Maroc (66 000 chacun) et la Tunisie (26 000). Entre ces trois pays du Maghreb, s’intercalent le Royaume-Uni (40 000) et l’Allemagne (30 000). Certains pays bien représentés dans la population immigrée le sont moins parmi les très diplômés : c’est le cas de l’Italie, l’Espagne, le Portugal ou encore la Pologne (78 000 pour les 4 pays).
La langue est le vecteur essentiel. Ces chiffres montrent l’influence de la langue natale, du passé colonial «commun», quand ce n’est pas la proximité (Royaume-Uni ou Allemagne).

En France, 41,3% des doctorants sont étrangers, une «proportion très élevée, caractéristique des pays très attractifs qui offrent un système d’enseignement supérieur de qualité et tissé un réseau grâce aux liens historiques et linguistiques», note l’étude.
Sur l’ensemble des étudiants entrés en France en 2002, un tiers y est toujours présent. L’étude ne prend pas en compte les personnes nées françaises mais de parents étrangers, en raison de l’interdiction des statistiques ethniques.
Les effets de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers  n’ont pas été pris en compte par cette étude.    

Rémi Yacine
El watan