mercredi 24 octobre 2012

CAN-2013 (phase finale)/tirage au sort : l’Egypte et le Cameroun, les grands absents


L’Egypte, septuple champion d’Afrique et le Cameroun (4 titres) seront les grands absents de la 29e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football 2013 (CAN-2013), dont le tirage au sort aura lieu mercredi à Durban en Afrique du Sud, qui accueille cette compétition du 19 janvier au 10 février 2013, avec la participation de 16 pays dont l’Algérie.
Toutefois, les autres grandes nations footballistiques de l’Afrique seront présentes en Afrique du Sud qui abrite pour la 2e fois, ce grand rassemblement après celui de 1996.
Pour l’édition 2013 qui se déroulera une année seulement après celle de 2012 (Gabon-Guinée équatoriale), les meilleures équipes africaines seront bien là, à l’instar du Ghana (4 victoires - 19 participations), de la RD Congo (2 v - 16 p), de la Côte d’ivoire (1v - 20 p), de la Tunisie et de la Zambie (1v - 16 p), de l’Algérie et du Maroc (1v - 15 p).
D’ailleurs "les Pharaons" absents en 2012 et 2013, détiennent un autre record à savoir le nombre de participations (22 sur 29 possibles).
D’autres anciens vainqueurs du trophée ne seront pas également au pays de Nelson Mandela, le seul pays africain à avoir eu l’insigne honneur d’organiser le Mondial en 2010. Il s’agit de l’Ethiopie sacrée en 1962, du Soudan (1970) et du Congo (1972).
La Côte d’Ivoire bien menée par la star mondiale Didier Drogba, détient un record difficile à battre à savoir se qualifier à une phase finale de la CAN, pour la 15ème fois consécutive (depuis 1984), devançant dans cet ordre le Ghana (12 participations de rang, depuis 1992) et la Tunisie (11 -depuis 1994).
En revanche, l’Ethiopie absente depuis 1982, renoue avec la phase finale après 31 ans d’absence.
Enfin la 29e édition enregistre un novice à ce stade de la compétition, à savoir le Cap-Vert qui a réalisé le grand exploit d’éliminer les "Lions indomptables", le Cameroun.
Les 16 équipes à la loupe (ENCADRE)
ALGER - Participation des 16 pays qualifiés à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football, à la veille du tirage au sort de la 29e édition de la CAN-2013 prévue du 19 janvier au 10 février à Durban (Afrique du Sud) :
AFRIQUE DU SUD : Participations : (8) : 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008 et 2013. 
- Série en cours (1) : Absente en 2010 et 2012 Titre (1) : 1996
ALGERIE : Participations (15) : 1968, 1980, 1982, 1984, 1986, 1988, 1990, 1992, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2010 et 2013. 
- Série en cours (1) : Absente en 2012 — Titre (1) : 1990
ANGOLA : Participations (7) : 1996, 1998, 2006, 2008, 2010 2012 et 2013. 
- Série en cours (5) - Titre : (Néant)
BURKINA-FASO : Participations (9) : 1978, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2010, 2012 et 2013. 
- Série en cours : (3) - Titre : (Néant)
CAP-VERT : Participation (1) : 2013. 
- Série en cours (1) - Titre (Néant)
COTE D’IVOIRE : Participations (20) : 1965, 1968, 1970, 1974, 1980, 1984, 1986, 1988, 1990, 1992, 1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2006, 2008, 2010, 2012 et 2013. Série en cours : (15 : depuis 1984) - Titre (1) : 1992
ETHIOPIE : Participations (10) : 1957, 1959, 1962, 1963, 1965, 1968, 1970, 1976, 1982 et 2013. 
- Série en cours : (1) Titre (1) : 1962
GHANA : Participations (19) : 1963, 1965, 1968, 1970, 1978, 1982, 1984, 1992, 1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010, 2012 et 2013. 
- Série en cours (12 depuis 1992) Titres (4) : 1963, 1965, 1978, 1982
MALI : Participations (8) : 1972, 1994, 2002, 2004, 2008, 2010, 2012 et 2013. 
- Série en cours (3) - Titre : (Néant)
MAROC : Participations (15) : 1972, 1976, 1978, 1980, 1986, 1988, 1992, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2012 et 2013. 
- Série en cours : (2) - Titre (1) : 1976
NIGER : Participations (2) : 2012 et 2013. 
- Série en cours (2) - Titre : (Néant)
NIGERIA : Participations (17) : 1963, 1976, 1978, 1980, 1982, 1984, 1988, 1990, 1992, 1994, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010 et 2013. 
- Série en cours (1) - Titre (2) : 1980 et 1994.
RD Congo : Participations (16) : 1965, 1968, 1970, 1972, 1974, 1976, 1988, 1992, 1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, et 2013. 
- Série en cours (1) - Titres : (2) 1968 et 1974.
TOGO : Participations (7) : 1972, 1984, 1998, 2000, 2002, 2006 et 2013. 
- Série en cours (1) - Titre : (Néant)
TUNISIE : Participations (16) : 1962, 1963, 1965, 1978, 1982, 1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010, 2012 et 2013. 
- Série en cours : (11 depuis 1994). - Titre (1) : 2004.
ZAMBIE : Participations (16) : 1974, 1978, 1982, 1986, 1990, 1992 , 1994, 1996, 1998, 2000, 2002, 2006, 2008, 2010, 2012 et 2013. 
- Série en cours : (5 depuis 2006). - Titre (1) : 2012. 
(APS)

Métro d’Alger : réception de la partie génie civil de l’extension Hai El Badr-El Harrach


La partie génie civil de l’extension du métro d’Alger reliant Hai El Badr à El Harrach, banlieue est de la capitale, a été réceptionnée lundi alors que l’installation des rails et des autres équipements sera achevée dans 23 mois, selon les responsables du projet.
La réceptionné de la partie génie civil, comprenant un viaduc de 280 mètres et un tunnel long de 3,8 km, s’est faite en présence du ministre des Transports, Amar Tou.
Lancés pendant l’été 2008, les travaux de réalisation de la partie génie civil, d’un montant avoisinant les 16 milliards de DA, ont été menés conjointement par le groupe algérien "Cosider" et la société allemande "Dywidag".
La question des expropriations et la difficulté générée par la déviation des réseaux d’alimentation d’électricité, de gaz, de téléphone et d’eau potable, ont retardé l’achèvement des travaux de génie civil de 10 mois, a indiqué le directeur général de l’Entreprise métro d’Alger (EMA), Omar Hadbi dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie de réception.
Le ministre s’est félicité, à cette occasion, de la qualité des travaux menés par un personnel composé à 80% de cadres et d’ouvriers algériens.
"Nous sommes aujourd’hui ici pour montrer à l’opinion nationale que les travaux du métro d’Alger se poursuivent toujours pour développer davantage le réseau de ce nouveau mode de transport en Algérie", a-t-il déclaré à la presse à cette occasion.
"Une partie du tunnel de l’extension passe à 11 mètres sous Oued El Harrach", a-t-il expliqué, non sans fierté.
M. Tou a, par ailleurs, donné le coup d’envoi des travaux d’installation des équipements de l’extension Hai El Badr-El Harrach comprenant notamment la pose de rails, de signalisation, de câbles électriques et de communication, communément appelé système intégral.
Cette partie technique a été confiée au groupement algéro-français Colas rail et Kougc pour un montant de 85 millions d’euros et une durée de 23 mois.
Composée de quatre stations, l’extension Hai El Badr-El Harrach est la première extension de la ligne n°1 du métro d’Alger, mis en service le 31octobre 2011.
APS

lundi 22 octobre 2012

Jeunesse, emploi, lutte contre la bureaucratie et la corruption Les priorités de M. Sellal


«Notre jeunesse est désormais hissée au rang de priorité nationale» a affirmé le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, devant les membres du Conseil de la nation et en réponse à leurs préoccupations exprimées lors du débat général portant sur le plan d’action du gouvernement. Pour étayer ses dires, le Premier ministre a précisé que des mesures concrètes ont été prises pour la mise à la disposition des jeunes et de leurs associations de l’ensemble des structures et établissements du secteur. M. Sellal a précisé que les structures dédiées aux jeunes, notamment «les Maisons de jeunes» fermées par la «bureaucratie», seront rouvertes à travers des mesures leur permettant de travailler en dehors des heures administratives, en sus d’espaces de loisirs pour jeunes et une «carte de  jeunes» ouvrant droit à l’accès à ces établissements, en sus d’autres services et avantages, sera, prochainement, instituée.Le Premier ministre a, également, annoncé d’autres mesures en faveur des jeunes, notamment en matière d’emploi et de logement. Ainsi, il a réitéré l’engagement de son gouvernement de créer 3 millions de postes d’emploi dans le cadre de la relance économique, en soulignant la nécessité d’encourager l’investissement dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture pour créer de l’emploi et de la richesse. A titre d’exemple, il a soutenu que 30 000 emplois ont vu le jour durant le premier semestre de l’année, grâce au dispositif de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (Ansej) qu’il a qualifié d’«expérience pionnière» et d’exemple en matière d’emploi pour nombre de pays.  L’éradication des marchés informels ouvre, également, d’autres perspectives en la matière, puisque l’opération qui a  touché 635 sites sur les 1 265 sites recensés à travers le territoire national concerne 65 000 personnes, en majorité des jeunes, que l’Etat s’engage à employer dans le cadre de la création de marchés de proximité qui vise non seulement à créer des emplois mais, aussi, réduire la spéculation. Concernant le logement dans les régions du Sud et les Hauts-Plateaux, le Premier ministre a affirmé que des facilités seront accordées, notamment dans l’octroi de terrain pour la construction d’habitations individuelles qui tiennent compte des spécificités locales.Le chef de l’exécutif a indiqué qu’une «grande partie» du programme de développement quinquennal, initié par le président de la République, sera achevée d’ici à 2014. Il devait énumérer  d’autres mesures en faveur  de la dynamisation de l’économie nationale dont la mise en place d’un guichet unique de l’Andi à travers le territoire national. Les activités créatrices de richesse et d’emploi «seront soutenues» et le climat des affaires «amélioré», a-t-il soutenu. En sus de la lutte contre la bureaucratie, élevée également, au rang de priorité du gouvernement, annonçant la tenue, ce samedi, d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur, les chefs de daïras au niveau national, les directeurs de l’administration locale (DAL) et les directeurs de la réglementation des affaires générales (Drag) pour prendre en charge la question de l’organisation de l’Administration, M. Sellal a indiqué que les  procédures administratives seront allégées. Et puisque «la bureaucratie cache, souvent, derrière elle la corruption», il rappellera la mise en place 
de pôles spécialisés pour lutter contre ce fléau, avec le concours du ministère des Finances. Parmi les réalisations, attendues durant ce 
quinquennat, l’on citera, pêle-mêle, celle de la création de plusieurs centres anticancer dont six sont déjà opérationnels, sept en cours de réalisation et cinq autres à l’étude à travers le territoire national, 16 centres de distribution électriques, en plus des centrales solaires, à travers le pays et de 43 zones industrielles d’une superficie totale de 9 572 hectares, implantées dans 34 wilayas. Le projet de réalisation d’une usine sidérurgique à Bellara (Jijel), un partenariat entre la société algérienne Sider et Qatar Steel, est «en bonne voie» a-t-il annoncé. Une usine de construction de véhicules sera également réalisée en Algérie. Les négociations sont en cours avec Renault pour réaliser cette usine, en partenariat avec la Snvi et le Fonds national d’investissement, FNI. «L’Algérie sera majoritaire mais nous sommes en train d’avancer dans cet accord difficile à réaliser» a déclaré M. Sellal, en insistant sur le maintien de la règle 51/49% dans le partenariat avec les étrangers.  
A. R.
La tribune

La commission des Finances préconise l’accompagnement des jeunes investisseurs


La commission des Finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) a appelé dimanche, à l’issue de la présentation du projet de loi de Finances 2013, à des mesures d’accompagnement et de suivi au profit des jeunes investisseurs.
Après avoir salué les mesures d’encouragement contenues dans le projet de loi au profit des entreprises, notamment celles relatives aux exemptions tarifaires, la commission a appelé à la création de projets d’investissement pour les jeunes à travers des formules d’attribution de projets par le biais de la sous-traitante, ainsi qu’à des mesures idoines pour les accompagner dans toutes les étapes de leurs projets afin que "l’aide de l’Etat ne soit pas déviée de sa voie".
Dans le cadre de la réforme du système fiscal, la commission a préconisé une fiscalité locale adéquate et l’accélération du rythme de l’activité productive à même de permettre l’élargissement de l’assiette fiscale et de renforcer les rentrées fiscales traditionnelles.
La commission a en outre souligné la nécessité de renforcer le contrôle des marchés nationaux en vue de réguler les prix des produits qui bénéficient d’avantages fiscaux, en sus de la poursuite des mesures prises par les pouvoirs publics afin de mettre fin aux marchés informels.
Elle a également appelé au renforcement des capacités de la production nationale et la garantie de la disponibilité des produits locaux pour assurer l’autosuffisance et réduire les importations, ainsi qu’à la poursuite de l’opération de promotion et de développement des petites et moyennes entreprises.
Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a présenté, dimanche, à APN, le projet de loi de finances 2013 lors d’une séance plénière présidée par Mohamed Larbi Ould Khelifa, président de l’assemblée.
APS

Trois millions de petites chômeurs, et moi et moi et moi


 Plus de trois millions de chômeurs, des plans sociaux annoncés tous les jours, par exemple 1430 emplois chez Alcatel-Lucent, hier, et les jours précédents Sanofi, Arcelor Mittal, Areva, Dexia, Crédit Agricole, Carrefour, Conforama, Fralib, Air France, Novatrans, PSA, Good Year, la liste est vertigineuse, mais le salarié viré n’est pas le personnage central de cette rentrée de crise. L’homme qui souffre le plus fort, sur le plan médiatique est un pigeon, et le pigeon est un chef d’entreprise.
       C’est la caractéristique majeure de cette rentrée sociale. Une inversion foudroyante, qui pèse sur les négociations entre patronat et syndicats à propos de la sécurisation de l’emploi. Celui qui parle le plus fort, et qu’on entend le plus, n’est pas le groupe formé par les syndicats, qui représentent les salariés. C’est le Medef, donc le représentant des employeurs. L’appel au secours ne monte pas des victimes des plans sociaux, mais des victimes des impôts. Dimanche dernier, dans le Figaro, Laurence Parisot disait ainsi que « les chefs d’entreprises sont passés d’un avis de tempête à un avis d’ouragan », que « certains patrons sont dans un état de quasi panique », ou que « la situation est gravissime ».
       Laurence Parisot est dans son rôle, mais la véhémence de son attaque est hautement symptomatique d’un basculement politique, au moment où, pour reprendre chacun de ses mots, des dizaines de milliers de familles « se retrouvent dans un état de panique absolue », créé par une perspective de chômage « gravissime », et que leur avenir est passé, lui aussi, « d’un avis de tempête à un avis d’ouragan ».
       L’année dernière on s’interrogeait sur les abus de la richesse. Ce mois d’octobre on pose d’autres questions : « La France n’aime-t-elle pas ses entreprises ? » s’interroge gravement le dossier du Monde daté d’aujourd’hui. « Arrêtons d’accabler les entrepreneurs » écrit dans les mêmes pages un collectif de députés UMP. « Il faut sortir de la haine de la France vis à vis des riches » s’exclame l’économiste Thomas Picketty. « La finance est essentielle à l’investissement » explique Gérard Mestrallet le PDG de GDF Suez.
       On croit rêver.
        Il est classique que l’avènement d’un gouvernement entraine le renforcement du discours adverse. L’arrivée de la droite décomplexée, soupçonnée de connivence avec les riches, a ainsi provoqué la mise en accusation de l’argent. Et la victoire des socialistes déclenche un procès en réhabilitation.
       Mais que cet effet mécanique soit si puissant qu’il fasse oublier le malheur d’une multitude d’anonymes est tout de même un symptôme que le gouvernement, officiellement soucieux de justice et d’unité nationale, ferait bien de prendre en compte. A la guerre, c’est vrai, les officiers souffrent souvent, mais il arrive aussi, pardonnez du dérangement, que les soldats soient de la chair à canon…   
Mediapart

Les entreprises et les banques lancent un appel aux pouvoirs publics : “Libérez l’investissement !”


Si la contrainte de financement des projets d’investissements portés par des privés est reconnue par les uns et les autres, banquiers et chefs d’entreprise n’en ont pas la même perception.

Dans le contexte actuel de l’économie algérienne, marqué par une croissance molle et un taux de chômage toujours trop élevé, notamment chez les jeunes, l’avenir dépend, en grande partie, des PME-PMI et le développement de celles-ci, de la possibilité pour elles d’accéder à un financement efficace de leurs activités d’exploitation et d’investissement. Pour le président du Conseil d’orientation stratégique du Forum des chefs d’entreprise (FCE), “il faut aller vite” si l’Algérie veut rattraper son retard. Intervenant à l’ouverture, hier à l’hôtel El-Aurassi, de la première édition des “Journées de l’entreprise algérienne”, consacrée à la problématique de la relation entre l’entreprise et les banques, M. Omar Ramdane a qualifié “d’aberrant” l’inaccessibilité de certains secteurs pour les privés algériens, citant notamment les banques, mais également le transport aérien, la pétrochimie, l’amont et l’aval pétrolier… “Le privé doit pouvoir investir dans n’importe quelle filière et branche. On doit encourager nos chefs d’entreprise à investir et réduire la facture d’importation. Sinon, nous pourrions connaître de graves problèmes”, estime Omar Ramdane. Le patron de Modern Ceramics relève que l’Algérie est l’un des rares pays dans le pourtour méditerranéen et en Afrique à ne pas avoir de banque privée à capitaux nationaux sur le marché.
L’activité bancaire reste totalement entre les mains du secteur public (à 90%) ou du secteur bancaire à capitaux étrangers (à 10%). Il est vrai que les premières expériences d’implication du secteur privé national n’ont pas été concluantes. “L’expérience très négative” de la banque Khalifa, “a coûté de l’argent au Trésor, ruiné des épargnants et surtout causé de gros traumatismes”. “Est-ce que pour autant nous ne devons pas avoir des banques privées nationales comme cela se passe ailleurs ou chez nos voisins ?”, s’interroge Omar Ramdane. Le président du Conseil d’orientation stratégique qualifie aussi “de bonne chose” l’aisance financière dont jouit notre pays et les liquidités abondantes qui se trouvent au niveau des banques. Ce qui veut dire que l’épargne est très forte en Algérie. Cependant, cela ne se traduit pas sur le terrain.
Des chefs d’entreprise se plaignent de ne pas pouvoir mobiliser facilement des financements. Omar Ramdane plaide pour la promotion de champions nationaux, citant l’exemple de la Corée du Sud.

“Le secteur privé ne subit pas d’effet d’éviction”
Si la contrainte de financement de projets de développement portés par des privés est reconnue par les uns et les autres, banquiers et chefs d’entreprise n’en ont pas la même perception. M. Abderrezak Trabelsi, délégué général de l’Association des banques et des établissements financiers (Abef) relève dans sa communication que la répartition des crédits à l’économie, par secteurs, semble globalement favorable au secteur privé. “Le secteur privé ne subit pas d’effet d’éviction”, a-t-il affirmé, estimant que “c’est l’exemple type de faux débat”. Pour autant, le délégué général de l’Abef reconnaît que “d’une manière générale, le financement de l’investissement productif pose un énorme problème”. Selon lui, l’environnement de l’investissement est des plus défavorables et la communauté bancaire en subit les conséquences directes. “Il est extrêmement risqué de faire des montages financiers”, a constaté Abderrezak Trabelsi, relevant également que “la pénalisation de l’acte de gestion, un des freins les plus importants à l’expansion de l’activité de crédit”. Il cite, également, la pénalisation de l’infraction à la réglementation du change, “qui fait que dans une banque beaucoup de ressources et d’énergies sont affectées à cette composante tant le risque peut être très préjudiciable”.
Le délégué général de l’Abef indique que le leasing a connu un démarrage extrêmement encourageant. Cependant, l’introduction du nouveau système comptable, qui a modifié la spécificité fiscale du traitement du leasing, “risque de lui donner un coup de frein”. Du coup, l’Abef demande le maintien de cette spécificité. Parmi les autres contraintes au développement des crédits à l’économie, M. Trabelsi évoque, également, la faiblesse du tissu économique privé, la taille des entreprises, dont 95% sont des TPE, le mode de gouvernance des PME et la faible maturation des projets sous l’angle financier.

35 milliards de dollars circulent en dehors des banques

35 milliards de dollars circulent en dehors des banques, selon le directeur général de HSBC, M. Rachid Sekkak, affirmant que la liquidité en dehors du circuit bancaire croît plus vite que le Produit intérieur brut (PIB). Seulement deux tiers de la population algérienne. L’Algérie est le pays de la région où la densité du réseau bancaire est la plus faible. L’Algérie ne dispose que d’un point bancaire pour 25 700 habitants. Évoquant l’excès de liquidité bancaire, M. Sekkak a indiqué qu’à fin 2011 les reprises de liquidité, réalisées par la Banque d’Algérie sont estimées de 32 à 33 milliards de dollars.
En d’autres termes, 35% des ressources collectées par le secteur bancaire, public et privé, sont redonnées à la Banque centrale sous forme de reprise de liquidité. “Est-ce qu’un tel niveau de surliquidité n’est pas la preuve, tout simplement, d’une insuffisance d’opportunités d’investissement pour les banques”, s’interroge M. Sekkak, estimant que “les banques subissent un état de fait”. Évoquant son expérience à HSBC, M. Sekkak déclare : “Il y a très peu de demandes de crédit en dehors du refinancement des opérations de commerce extérieur et du financement en besoin de roulement.” “L’investisseur hors étatique est devenu une denrée très rare dans ce pays”, a-t-il estimé, plaidant pour “une politique d’offre au service des entreprises et de leur compétitivité”.
Cela passe, selon lui, par la détermination d’un cadre favorable à l’investissement productif qui élime les effets d’aubaines associés au commerce extérieur qui orientent fortement le comportement des opérateurs et des banques. “Beaucoup d’entre nous sommes pollués par la cocaïne du commerce extérieur”, a indiqué le directeur général de HSBC. D’où le nécessité d’une cure d’intoxication.

“Il faut libéraliser les financements concernant l’investissement”
Le FCE conclut que les banques et les entreprises algériennes ne sont, d’aucune façon, opposées entre elles, mais que, bien au contraire, elles se trouvent les unes comme les autres confrontées aux mêmes contraintes : celles d’avoir à constituer les bases d’une économie algérienne plus performante. “On doit trouver les moyens, nous chefs d’entreprise et de banques, pour construire un lien durable et utiliser les ressources en direction de l’investissement”, a suggéré le président du Forum des chefs d’entreprise, M. Réda Hamiani, plaidant pour “la libération des financements concernant l’investissement”. Pour le président du FCE, il faut rendre le commerce extérieur un peu moins attractif. M. Hamiani plaide également pour l’instauration d’un marché à terme de la devise au profit des entreprises. Dans ce cadre, le président du Fce propose de responsabiliser les banques sur la gestion des devises liées à l’exploration hors hydrocarbures et aux ressources de l’émigration, soit environ 5 milliards de dollars. M. Hamiani souhaite aussi la mise en place de bureau de changes, il annonce que le Fce veut promouvoir la création d’une association des usagers de la banque.
Meziane Rabhi
Liberté

dimanche 21 octobre 2012

Le 7e art algérien entre dans son nouvel âge


 
 Le réalisateur algérien : Nadir Mokhnache.
Les cinémas d’Algérie et de Corée du Sud ont été honorés, cette année, par le Festival international du film d’Abu Dhabi qui en est à sa sixième édition.

Intishal Tamimi, responsable de la programmation arabe du festival, a évoqué, lors d’un débat consacré au septième art algérien, cette participation algérienne, la plus importante depuis le lancement de cette manifestation cinématographique aux Emirats arabes unis. Il a souhaité une numérisation plus rapide des films algériens produits ces cinquante dernières années, pour une meilleure exploitation dans les festivals désireux de faire une rétrospective de ce cinéma. Le débat a été animé par Nabila Rezaïg, responsable du département cinéma à l’Agence algérienne du rayonnement culturel (AARC), Nabil Hadji, journaliste et critique cinéma et les réalisateurs Moussa Haddad et Rachid Benhadj. Deux cinéastes présents au festival avec leurs dernières productions, Harragas Blues pour le premier et Parfums d’Alger pour le second.
La comédie de Moussa Haddad, Les vacances de l’Inspecteur Tahar a été également projeté à la faveur du festival dans la section rétrospective. La relation de l’Algérie avec le cinéma remonte, selon Nabil Hadji, au début du siècle avec le tournage de films étrangers dans le Sahara durant la période coloniale française. «Pendant la guerre de Libération nationale, le septième art était présent pour porter la voix et l’image de l’Algérie combattante à l’étranger. La période fondatrice du cinéma algérien l’a été durant les années 1960 avec la nationalisation des salles. A l’époque, nous avions plus de 420 salles. L’Office national de l’industrie et du commerce cinématographiques et l’Institut du cinéma ont été également créés. La Bataille d’Alger, Les hors-la-loi, Le vent des Aurès, La nuit a peur du soleil et L’opium et le bâton ont été réalisés à cette époque», a-t-il rappelé.
Selon lui, des cinéastes ont émergé durant les années 1970, comme Moussa Haddad, Amar Laskri, Mohamed Bouamari, Mohamed Lakhdar Hamina, Merzak Allouache, Mohamed Slim Riad. «Dans les années 1970, l’Algérie avait soutenu plusieurs coproductions avec des pays arabes et africains. Une nouvelle génération de cinéastes est venue dans les années 1980. La plupart des cinéastes de cette époque ont été formés à l’étranger, comme Mahmoud Zemmouri et Abdelkrim Bahloul. Cette période a été marquée par la structuration de l’ONCIC et la création de l’ANAF et l’ENPA pour les actualités et la production audiovisuelle», a-t-il noté.
Il a relevé que Mohamed Chouikh, Rachid Benhadj, Ali Ghanem et Benamar Bakhti se sont distingués durant les années 1980 par la réalisation de films avec un nouveau ton. L’ouverture démocratique du début des années 1990 a, d’après Nabil Hadji, libéré les cinéaste du monopole de l’Etat sur la production cinématographique. En 1997, les entreprises publiques de production de films ont été dissoutes. «Le terrorisme a obligé les cinéastes à quitter le pays durant cette période. Période qui a connu aussi la production des premiers films d’expression amazighe, comme Amachahou et La montagne de Baya. Les cinéastes ont fait face à des difficultés financières en raison du retrait partiel de l’Etat», a-t-il précisé.
Des jeunes se sont engagés dans la réalisation et la production de films dès le début des années 2000. Il a cité Tarek Teguia, Nadir Mokhnache et Lyès Salem. «Le terrorisme, les problèmes sociaux, les espoirs déçus des jeunes étaient les sujets dominants dans les longs et courts métrages produits pendant ces années-là», a-t-il souligné. Selon Nabil Hadji, plus de 200 films entre courts, moyens et long métrages et documentaires ont été produits depuis 2003. Les financements qui ont accompagné les manifestations, «Année de l’Algérie en France», «Alger, capitale de la culture arabe», «Festival culturel panafricain (Panaf)», «Tlemcen, capitale de la culture islamique» et la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance, ont permis l’amélioration de la production.
«Dès le début, l’Algérie a été traînée vers le cinéma. Les frères Lumière ont fait beaucoup de tournage en Algérie. Ils étaient attirés par la lumière. L’Algérie était choisie comme décors à ces films. Les Algériens ne faisaient que de la figuration. Plus tard, l’Algérien devient, dans les films coloniaux français, le voleur et l’assassin. Le cinéma est aussi un moyen de propagande. Cela a été notamment utilisé par Houari Boumediène, dans les années 1970, pour défendre ses projets politiques. L’Etat, qui finançait les films, imposait une certaine vision», a relevé, de son côté, Rachid Benhadj.
Ce dernier, qui a commencé sa carrière à la télévision dans les années 1980, est installé actuellement en Italie. Pour Nabila Rezaïg, le cinéma algérien «is back», il revient sur la scène internationale. Elle a cité l’exemple de la participation de deux longs métrages algériens pour la première fois au Festival d’Abu Dhabi, où des courts métrages algériens, dont celui de Mounès Khamar, ont été primés par le passé. Selon elle, le soutien du ministère de la Culture à la production de films a contribué à redonner vie au septième art algérien. Elle a également souligné le nouveau rôle joué par l’AARC, depuis 2007, à travers ses différents départements (cinéma, littérature, musique et expositions).
«L’AARC a accompagné toutes les productions cinématographiques de ces dernières années comme Hors-la-loi de Rachid Bouchareb qui a pris part aux grands festivals mondiaux. Le FDATIC, (Fonds d’aide au cinéma), transfère depuis mars 2012 à l’AARC les subventions accordées aux cinéastes. L’AARC s’occupe aussi de la promotion des films», a-t-elle précisé.
Parmi les films soutenus, Yemma de Djamila Sahraoui, primé dernièrement au Festival de Moscou, et présent lors de La
Mostra de Venise. Selon Nabila Rezaïg, le film Zabana ! de Saïd Ould Khelifa va représenter l’Algérie aux Oscars américains. Moussa Haddad a, pour sa part, avoué que le réalisateur italien Gillo Pontecorvo l’a aidé à passer de la télévision au cinéma. Moussa Haddad était assistant dans le long métrage La bataille d’Alger. Rachid Benhadj a évoqué toutes les difficultés qu’il a eues pour adapter à l’écran le roman Le pain nu, de l’écrivain marocain Mohamed Choukri. «Mohamed Choukri, qui avait rejeté une trentaine de scénarii adaptés de son roman, a accepté mon adaptation après six mois de travail», a-t-il dit.
Fayçal Métaoui
EL WATAN