Maison de l'Algérie Pont-d'intelligence

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samedi 21 avril 2012

Nouveau défi des Européens Définir une stratégie pour la croissance


Les appels se multiplient en Europe pour définir une stratégie pour la croissance et tourner la page du tout austérité qui a prévalu au plus fort de la crise, mais les responsables politiques peinent à trouver des solutions concrètes pour faire redémarrer l’économie.  A l’origine de ce changement : la prise de conscience que la cure d’austérité imposée en Europe a parfois aggravé les difficultés de certains pays, leur compliquant la tâche pour ensuite réduire leurs déficits. Une première brèche a été ouverte avec la proposition du candidat socialiste à l’élection présidentielle française, François Hollande, de renégocier le pacte européen, voulu par les Allemands pour renforcer la discipline budgétaire. L’idée est d’ajouter une dimension de croissance dans ce traité. En faisant cette annonce, le Français a été d’abord décrié et taxé de naïveté, avant de recevoir cette semaine un soutien inattendu du quotidien des affaires, le Financial Times. «Plus le climat économique devient difficile, plus les chantres de l’austérité sont isolés. Il est encourageant de voir que de plus en plus d’hommes politiques, notamment François Hollande, appellent à une stratégie européenne de croissance», a écrit un éditorialiste du quotidien. Le socialiste français, favori des sondages au second tour, a déjà fait des émules: l’opposition en Allemagne reproche également au pacte de ne se préoccuper que de rigueur budgétaire et de ne rien contenir qui stimule la croissance en Europe. Le président portugais Anibal Cavaco Silva a également appelé l’UE à mettre en place une stratégie pour «faire face à la stagnation économique actuelle». Problème : ces déclarations ne contiennent bien souvent pas de revendications précises. Même les ambitions de M. Hollande pourraient être revues à la baisse, s’il est élu président. Le pacte budgétaire est déjà en cours de ratification, ce qui complique une éventuelle renégociation. Or, «un programme (de soutien à la croissance) doit comporter des mesures concrètes qui ont un effet immédiat. L’Europe parle depuis trop longtemps de croissance, en ne faisant pas assez», assène le Financial Times. Vienne a bien proposé la création au sein de l’UE d’un fonds pour la croissance, qui reposerait sur la restructuration des crédits existants pour promouvoir les petites et moyennes entreprises innovantes. Une idée faisant écho aux propositions de la Commission européenne qui entend mieux distribuer les fonds européens pour soutenir les PME et lutter contre le chômage des jeunes.Mais rien n’a pris forme, malgré la tenue de deux sommets européens consacrés à la croissance et l’emploi depuis le début de l’année. Il faut dire que les dirigeants européens sont divisés sur les moyens de stimuler la croissance. Douze pays regroupés autour des chefs de gouvernement britannique, David Cameron, et italien, Mario Monti, militent pour un marché unique renforcé et des réformes du marché du travail. A l’inverse, le tandem franco-allemand prône lui plus de coordination des politiques fiscales pour faire redémarrer l’économie. Pour l’économiste Jean Pisani-Ferry, le problème est que certains pays ne sont pas convaincus que stimuler la croissance est la priorité. «La stratégie allemande est de dire que les ajustements budgétaires sont nécessaires pour permettre un rééquilibrage des comptes», développe le directeur de l’institut européen Bruegel. Et ce, même au prix de sacrifices douloureux. 
AFP

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