Maison de l'Algérie Pont-d'intelligence

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jeudi 19 décembre 2013

L’entreprise privée et la diaspora : Les oubliés du partenariat Algéro-Français

Nous aurions souhaité voir plus de petites et moyennes entreprises dans la délégation d’hommes français”, nous a indiqué, lundi, un responsable d’une PME privée algérienne en marge de la rencontre économique regroupant les opérateurs des deux pays, organisée hier,  par le FCE et le Medef-International à l’hôtel El-Aurassi (Alger). Selon ce patron, les très petites entreprises, qui composent le tissu industriel privé algérien, n’intéressent pas les grands groupes français.
D’ailleurs, les grands contrats dans ce secteur sont discutés avec les sociétés de gestion des participations de l’État (SGP) et donc avec des entreprises publiques. M. Dehimi du ministère du Développement industriel a indiqué avoir identifié dans une première étape une trentaine de projets, dont une dizaine dans la sous-traitance, mettant en jeu cinq SGP dans les secteurs de la mécanique, de la chimie, des industries manufacturières, la construction métallique et l’électricité. Ce sont les SGP qui négocient des partenariats avec les français. “Ce sont des projets importants qui nécessitent des évaluations, des contacts et des niveaux incontournables d’information”, a précisé M. Dehimi.
Le mois prochain, une série  de rencontres seront organisées avec les fédérations sectorielles françaises pour faire aboutir des projets. “Nous sommes convaincus qu’au premier semestre 2014, nous pensons réaliser un certain nombre de projets”, prévoit M. Dehimi. La ministre française du Commerce extérieur, Mme Nicole Bricq, a reconnu avoir fait le constat d’une “grave” diminution de la présence des PME françaises sur le marché algérien, mettant en avant le taux de 30% entre 2005 et 2011. Il est vrai qu’après une période d’effacement, les PME françaises sont en effet de retour en Algérie. Une vingtaine de PME ont ainsi noué des partenariats commerciaux, industriels ou technologiques avec des entreprises algériennes. Cependant, la participation des entreprises privées algériennes dans ce partenariat en construction est marginale. L’autre partie oubliée dans ce partenariat concerne la diaspora algérienne. En France, on recense 300 000 chefs d’entreprise d’origine algérienne.
Les données économiques et sociales plaidant aujourd'hui pour un appel à ces élites qui disposent, il est vrai, d'un très fort potentiel de contribution à l'effort de développement, il est dans la logique des choses de solliciter leurs apports et contributions multiformes, notamment en matière d'investissement et de création d'entreprises. L’Algérie n’arrive ou ne veut pas saisir l’opportunité exceptionnelle qu’elle a de s’appuyer sur un tissu économique constitué de PME dans l’Hexagone détenu par des binationaux franco-algériens. Il faut dire que ces derniers offrent la particularité d'être bien intégrés dans leur pays d'accueil, où ils ont, selon le cas, créé des entreprises, lancé des affaires qui marchent. Ils peuvent constituer un véritable vecteur du partenariat algéro-français.
L'Algérie ne semble malheureusement pas s'inscrire dans cette logique et, en dépit des discours d'intention, force est de constater que rien de sérieux n'est malheureusement fait pour rendre le pays attractif aux investisseurs, en général, et à la diaspora, en particulier, qui pourrait jouer un rôle important en matière de promotion de l'investissement, de création d'entreprises, d'accompagnement des exportations hors hydrocarbures et de recherche-développement.

Liberté

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